LA NUIT OÙ JESSICA ALVAREZ
TUA FREDDY SIFFREDI
Quelques jours avant une élection décisive, devant les façades de deux pavillons de banlieue, deux histoires se déroulent en parallèle avant de se rejoindre dans la nuit. Freddy Siffredi, jeune militant d’extrême droite, tente de séduire Jessica Alvarez, étudiante en lettres et en psychologie. Mais celle-ci préfère passer du temps avec Kérédine Klipo, qui prépare, dans son garage, pour un vernissage prévu à 20h, une œuvre mystérieuse dont personne ne sait ce qu’elle représente, ni même s’il s’agit vraiment d’une œuvre d’art. Pendant ce temps, une bête féroce s’est échappée du jardin zoologique. Deux agents de police patrouillent dans le quartier à sa recherche. Ce soir-là, les résultats de l’élection tombent. Une atmosphère étrange s’installe. Le réel vacille. Que se passe-t-il vraiment dans cette banlieue ?

Distribution
Texte : Jérémie Fabre
Commande de texte & Mise en scène : Matthieu Dessertine
Avec :
Fernanda Barth
Anthony Boullonnois,
Léon Cunha Da Costa
Gall Gaspard
Julie Papin
Production : Collectif Pampa
Diffusion : Diane Wulwek
Avec le soutien de : l’Office Régional Artistique de Nouvelle-Aquitaine (OARA), projet accueilli en résidence à la MECA (mars-avril 2025) et de la DRAC Nouvelle-Aquitaine

Intention du
metteur en scène
La pièce plonge le spectateur dans une banlieue où un parti d’extrême droite s’apprête à remporter une élection. Des milices se forment, les citoyens d’origine étrangère sont harcelés. Une bête échappée du zoo dévore des enfants. Une atmosphère de fin du monde se répand peu à peu dans la ville. Mais très vite, nous découvrons que les personnages semblent être les acteurs d’une sitcom réalisée par des scénaristes fous.
On pensera à l‘imaginaire des comédies des années 70 - américaines ou françaises - qui vantaient les vertus d’une classe moyenne raisonnable et pleine de charme, et égayaient les grilles de nos programmes télé. Ici, le réel se met à tourner sur lui-même. Assiste-t-on au tournage d’un feuilleton délirant ? Sommes-nous plongés dans une télé-réalité dont les « acteurs » seraient prisonniers ? Ou bien observe-t-on des êtres humains en prise avec une conscience ayant pris une forme humaine?
Au cœur de cette histoire : Jessica Alvarez, qui brise les diktats que la société lui impose. Réussir professionnellement tout en s’occupant d’un père handicapé et d’une mère instable, ne pas sortir du cadre de bienséance sans passer pour hystérique ou dangereuse, ne pas aspirer à un changement de milieu social trop éloigné.... On lui enjoint de cesser de rêver, d’accepter une vie qui lui ressemble. Jusqu’au meurtre.
Deux axes du texte m’ont semblé moteurs : l’arrivée possible au pouvoir d’un parti fasciste et ses conséquences immédiates, d’une part ; la façon dont ceux qui en pâtissent décident ou non de se défendre, d’autre part. Nous sommes à la fois spectateurs de tels événements historiques et citoyens sous emprise. Dans un monde globalisé où les informations circulent à une vitesse vertigineuse, la peur est devenue le meilleur argument pour faire adhérer à une idée.
Idéologie des médias, discours ambiants, communications politiques : certains parviennent à s’extraire des pensées mortifères, d’autres, pour des raisons parfois valables, ne le peuvent pas ou préfèrent ne pas prendre le risque. Mais arrive un moment où tous doivent se positionner.
En tirant les personnages vers le grotesque, dans une esthétique qui rappelle le théâtre de Bertolt Brecht - « Le ventre est encore fécond d’où est sorti la bête immonde » - j’ai cherché à provoquer un rire malaisant.
Ces personnages archétypaux, peu psychologisés, au service de l’histoire, nous rappellent que chacun de nos choix dessine l’humain que nous devenons et que notre liberté, avec le temps, réduit paradoxalement nos possibilités de changement. Derrière les façades calmes et fleuries de ces pavillons de banlieue, une bête échappée du zoo de l’Histoire attend le bon moment pour se repaître de nos cadavres. Jusqu’où, au théâtre, peut-on rire de la monstruosité ? N’est-ce pas justement le lieu où les frontières doivent disparaître ? Le théâtre reste-t-il cet endroit où l’humain, en observant sa crise existentielle, vient se «purifier » ?
Alors que partout dans le monde des partis dits populistes arrivent au pouvoir et que certains « hommes forts » se muent en dictateurs, ce texte nous rappelle une vérité : sans soulèvement à temps, l’histoire se répète. À moins que l’art et l’imaginaire nous offrent une issue inattendue, une possibilité de déjouer l’impasse de la réalité…


Contacts
DIRECTION ARTISTIQUE
Matthieu Dessertine
matthieu.collectifpampa@gmail.com
+33 (0) 6 62 39 73 09
RESPONSABLE ADMINISTRATIVE
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loyse.collectifpampa@gmail.com
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DIFFUSION et COMMUNICATION
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